Zinoviev Alexandre : Homo Sovieticus

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Alexandre Zinoviev, figure dissidente, mégalomane et brillante de la littérature russe !
Taxé d’ « antisoviétique » dès sa parution, les Hauteurs béantes – qui reste le point d’ancrage de toute son œuvre – décrivait, sous couvert d’un monde imaginaire, l’absurdité du système soviétique. Loin de faire état de ses horreurs les plus criantes comme l’a fait Soljénitsyne, autre dissident russe, dans L’Archipel du goulag ou Une journée d’Ivan Dessinovitch, Alexandre Zinoviev s’attache à décrire le comportement de celui qu’il définit comme l’homo sovieticus, rapportant ses sournoiseries délatrices, sa vitalité féroce et ses désespérances alcooliques. Déshumanisé, l’homo sovieticus, n’est plus qu’une figure médiocre, une « âme morte », le résultat logique, implacable et terrible des effets d’un système brutal sur l’homme.

L'OEUVRE d'Alexandre Zinoviev apparut en France au printemps de 1977 avec la publication en français des Hauteurs béantes, satire mordante mais désespérée d'une société qui ne pouvait être réformée.
Après quinze années et quatre secrétaires généraux du PCUS, en dépit _ ou à cause _ des bouleversements survenus dans son pays, Alexandre Zinoviev, devenu citoyen allemand, poursuit méthodiquement son travail de démolisseur.

Cet ouvrage apporte dans l'œuvre de Zinoviev un changement de pers-pective qu'il est difficile d'évaluer pour le moment. Tous les livres précédents tirent leurs thèmes de la vie en Union Soviétique. Ils forment un tout cohérent et appellent une critique globale. Même La Maison faune, livre terminé en Occident, mieux " construit " que les précédents, poursuit le même filon que Les Hauteurs Béantes ou L'Anti-chambre du Paradis. Même les essais écrits en exil ne font qu'expliciter les grands thèmes de l'œuvre littéraire. L'Homo Sovieticus marque une étape nouvelle : Zinoviev s'y applique à brouiller les pistes et à faire disparaître les points de repère. Dans les textes qui vont des Hauteurs Béantes à La Maison Jaune, il est possible de relever les préférences de l'auteur pour tel ou tel personnage, il est possible d'y reconnaître le vrai par rapport au mensonger ou au mensongeoïde. L'Homo Sovieticus, lui, ne permet pas au lecteur de s'y retrouver. Troublante, déconcertante, cette œuvre est une entreprise littéraire d'un rare courage, où ol'auteur se dédouble constamment pour s'identifier et pour refuser l'identification avec le narrateur. Toute limite entre le vrai, le vraisemblable, le faux ou le faux-semblant est abolie. Aucune phrase ne peut être prise à la lettre et pourtant chacune doit l'être.

Plusieurs critiques sont tombés dans le piège : Zinoviev a été accusé de donner des explications un peu courtes, de ne pas comprendre l'Occident, de régler ses comptes avec les autres exilés russes. En fait, ce n'est pas de cela qu'il s'agit. L'Homo Sovieticus est une étape dans le voyage au bout de la nuit d'un homme qui garde les yeux ouverts et qui, sans peur, tente d'exorciser sa peur. Les œuvres suivantes de Zinoviev éclaireront probablement d'un jour meilleur la place de l'ambigu Homo Sovieticus.

Editeur(s) : L'AGE D'HOMME
Editeur : Julliard (1 janvier 1996)
Langue : Français
ISBN-10: 2260003206
ISBN-13: 978-2260003205

Informations complémentaires

Poids 0,40 kg